Quels sont les déterminants d’un gouvernement performant?

Comme plusieurs le savent peut-être, les budgets et rapports annuels des ministères fédéraux canadiens sont depuis plusieurs années axés sur les résultats (voir http://www.tbs-sct.gc.ca/est-pre/index-fra.asp pour plus de détails). J’ai personnellement contribué à la mise en application de la planification et de la budgétisation axées sur les résultats dans la fonction publique canadienne depuis une quinzaine d’années, à titre de Directeur général du rendement ministériel au sein d’un ministère, de Directeur principal au Secrétariat du Conseil du Trésor et à titre de cadre supérieur en charge des services financiers et de la planification stratégique dans divers ministères (Revenu Canada, Service Canada, Citoyenneté et Immigration Canada, Développement économique Canada, etc.). J’appui depuis 2 ans des organismes intergouvernementaux et étatiques dans la région de l’Afrique de l’Ouest dans le développement et l’opérationnalisation de plans axés sur les résultats.

Cette approche à pris plus d’une dizaine d’années dans la fonction publique canadienne avant de véritablement prendre racine dans les lois, règlements, normes,  pratiques et outils et systèmes. Depuis maintenant 5 ans, les budgets ministériels axés sur les résultats permettent au gouvernement en place (le parti au pouvoir) d’aligner les dépenses des ministères à ses priorités. Les ministères sont tenus d’examiner 100% de leurs dépenses sur une base régulière afin d’identifier le 5% de leurs dépenses qui est le moins bien aligné et/ou le moins performant. Ce 5% donne la flexibilité au gouvernement pour continuellement réinvestir une portion de ses dépenses dans des activités plus importantes pour les citoyens. Mais à l’échelle des ministères, l’intégration dans la prise de décision et dans la gestion au quotidien n’est pas complète et varie grandement d’un ministère à l’autre. Il reste aussi plusieurs choses à faire pour réduire la complexité. Je dirais qu’encore aujourd’hui, la plupart des ministères sont à poursuivre leur apprentissage.

En Afrique de l’Ouest comme ailleurs, les gouvernements, les organismes publics et intergouvernementaux savent bien que ces changements dans les façons de faire et de penser exigeront plusieurs années. À la lumière des leçons que je peux tirer de l’expérience canadienne, je crois cependant qu’il serait possible d’éviter quelques écueils et d’accélérer la mise en œuvre à certains niveaux. À titre d’exemple, il est primordial de promouvoir le rôle des acteurs clés en matière de surveillance: les media (presse écrite, radio, chroniqueurs et blogueur financiers, etc.), les comités parlementaires (qui inclus des membres des partis de l’opposition), les organismes parlementaires (ex. : cours des comptes, vérificateur général, agence parlementaire du budget, etc.).

Selon vous, quels sont les autres déterminants pour assurer de façon durable la transparence à l’égard de la performance des États et de leur capacité à gérer efficacement les fonds publics?